Le 15 décembre 1999,
le Parlement votait la loi Aubry
portant sur la réduction du temps de travail : les 35 heures. Réforme qualifiée d’« erreur économique » par Lionel Jospin, la loi coûte 15
milliards d’euros par an à l’Etat du fait des allègements de charges accordées à certaines entreprises.
Le plus grave dans cette « erreur » est que ce texte a pour conséquence d’augmenter de 11% le coût horaire du travail : à l’heure de la mondialisation où nos entreprises doivent relever le défi de la concurrence avec les pays émergents, il ne faut pas s’étonner si certaines décident de délocaliser leur production et ainsi contribuer à l’augmentation du taux de chômage. Si à cela, on ajoute la parité euro – dollar, on peut facilement déduire que nos entreprises exportatrices ne sont pas suffisamment armées pour relever la problématique de la globalisation.
Enfin, et c’est certainement l’aspect le plus palpable de notre quotidien, les 35 heures se sont accompagnées d’un gel des salaires alors que le coût de la vie augmente : c’est que l’on appelle la baisse du pouvoir d’achat. Pour comprendre cette réalité, il n’est pas nécessaire d’être énarque ou polytechnicien :
- L’employeur, qui paie 39 heures un salarié travaillant 35 heures, finance une augmentation de salaire de 11%. Sauf que pour l’employé qui touchait déjà le même salaire, il n’y a rien de nouveau dans sa poche.
- L’employeur qui doit subir une augmentation de ses charges de personnel de 11%, sans augmentation de la production mais subissant une baisse de cette dernière, ne peut augmenter les salaires. Au mieux, si ses fonds lui permettent, il pourra accorder des heures supplémentaires… ce qui contribue encore à augmenter le coût de sa production et donc son prix de vente… et ce alors que d’autres entreprises étrangères peuvent produire moins cher que lui.
Alors
comment remédier à la problématique d’une hausse des charges de personnel de 11% dans un monde mondialisé ?
Tout simplement en mettant en place des stratégies de management qui conduisent à faire en sorte que le salarié fasse en 35 heures ce qu’il faisait en 39
heures. Et comme il n’est pas possible « d’aller plus vite que la musique », les salariés font des heures supplémentaires qui ne sont pas déclarées… et donc non
payées !
Bref, tout le monde est perdant :
- l’Etat qui perd 15 milliards d’euros par an
- Les entreprises qui supportent une augmentation de 11% du coût horaire du travail
- Les salariés qui subissent un gel des salaires
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